Quand les gens partent, tu te souviens de tout, de leurs moindres gestes, jusqu'à leur peau. Tu te rappelles les odeurs, la leur ou peu importe. Certaines phrases marquent aussi. Le depart de quelqu'un n'éfface pas son empreinte. Alors au fur et à mesure l'image s'instompe. Lentement, sans que tu ne t'en rendes réellement compte. Tu voudrais la retenir de toute tes forces, tu te l'as rememore encore et encore. Mais quoi que tu fasses, lutter reste vain. Puis un jour tu abandonnes, des morceaux partent, l'image n'est plus que floue dans ton esprit. Pour la voix c'est semblable, tu te rappelles ses propos, tu en ris, tu en pleures, peu importe aussi et puis un jour tu ne sais plus à quoi ressemble cette voix. Tu veux l'entendre, l'écouter, tu fais tout pour. Mais rien n'y fait, c'est comme si ton cerveau se refusait à te l'a transmettre. La connexion ne se fait plus. Lui et ton esprit aussi t'abandonnent alors à leur tour, tu n'es plus que toi, toi et des souvenirs vagues. Des souvenirs qui ne te menent à rien. Il suffira pourtant d'une fois, d'une voix entendue au detour d'une rue, d'une odeur humée au hasard pour que tout revienne. Tu comprends alors que ton esprit a fait son travail, a tout fait passer dans l'inconscient pour te permettre de vivre. Mais tout ressurgit, tout revient, explose, refait mal, atrocement mal. Tu ne sais plus où aller pour poursuivre ces pas, cette odeur, cette voix, ce souvenir. Tu n'étais pas préparé(e) à tout ça, quoique tu fasses pour essayer de comprendre, ton esprit ne veut rien mettre dans l'ordre, ne veut rien te montrer de clair. La douleur ne s'apprivoise jamais, elle ne s'efface pas non plus. C'est le néant ; C'est ça le manque .